Le constat tombe à l’approche de l’hiver, au moment où beaucoup d’automobilistes reçoivent leur avis d’échéance : la France reste l’un des pays d’Europe où l’on vole le plus de véhicules. Selon les dernières séries d’Eurostat, relayées le 6 novembre par JeChange, la police française a enregistré en 2024 environ 198 vols de véhicules à moteur, ou de leurs pièces, pour 100 000 habitants. C’est presque trois fois le taux allemand.
Pour un assuré, ce chiffre n’est pas qu’une curiosité statistique. Il rappelle que la garantie vol n’est pas un luxe et qu’elle ne va pas de soi : elle dépend entièrement de la formule choisie.
Plan de l'article
Ce que disent les chiffres d’Eurostat #
Dans la base « infractions enregistrées par la police » de l’office statistique européen (tableau crim_off_cat), la catégorie « vol d’un véhicule à moteur ou de ses pièces » donne pour 2024 les taux suivants : 198,4 pour 100 000 habitants en France, 231,5 en Italie, 69,7 en Allemagne et 48,3 en Espagne.
À lire Loi Montagne : sans amende au 1er novembre, ce que l’assureur peut opposer après un accident
En valeur absolue, la France et l’Italie sont au coude-à-coude : 136 246 vols enregistrés d’un côté, 136 544 de l’autre. L’Allemagne en compte 58 183, l’Espagne 23 472. L’écart de taux entre la France et l’Allemagne tient donc à un volume de vols bien plus élevé rapporté à une population plus petite.
Le panel européen retenu par JeChange place la France au cinquième rang sur douze pays, derrière le Luxembourg, la Suisse, la Suède et l’Italie. Le Danemark ferme la marche avec une vingtaine de vols pour 100 000 habitants.
Une baisse réelle sur dix ans
La tendance, elle, est plutôt rassurante. Toujours selon Eurostat, la France comptait 169 084 vols de ce type en 2014, contre 136 246 en 2024, soit environ 19 % de moins en dix ans. L’Italie et l’Espagne ont connu des reculs encore plus nets sur la même période, tandis que l’Allemagne est restée stable autour de 58 000 vols par an.
Une comparaison à manier avec prudence
Ces statistiques reposent sur les plaintes enregistrées. Elles dépendent donc de la propension des victimes à porter plainte et des règles d’enregistrement de chaque police nationale. Eurostat lui-même invite à la prudence dans les comparaisons entre pays. L’ordre de grandeur reste toutefois parlant : le risque de vol pèse davantage sur un automobiliste français que sur son voisin allemand ou espagnol.
À lire Devis assurance auto gratuit : comment comparer rapidement les tarifs en ligne
Le vol n’est jamais couvert par l’assurance au tiers #
C’est le premier point à vérifier. La seule assurance obligatoire pour un véhicule à moteur est la responsabilité civile, souvent appelée assurance « au tiers ». Elle indemnise les dommages que vous causez aux autres. Elle ne prévoit rien pour votre propre voiture si elle disparaît d’un parking ou si on lui dérobe ses jantes, son catalyseur ou ses optiques.
Pour être indemnisé, il faut une garantie vol, proposée en option ou incluse dans les formules dites intermédiaires (« tiers plus ») et tous risques. Le contenu varie d’un contrat à l’autre. Certaines garanties couvrent le vol du véhicule entier mais pas celui des accessoires ou des équipements ajoutés. D’autres excluent la tentative de vol, alors que c’est souvent elle qui laisse une serrure forcée, un neiman arraché ou une vitre brisée.
Les clauses qui font la différence
Avant de renouveler votre contrat, quelques lignes des conditions générales méritent une lecture attentive :
Les conditions de protection exigées. Certains assureurs imposent un antivol homologué, un marquage des vitres ou un stationnement dans un garage fermé la nuit, en particulier pour les modèles très recherchés. Si ces conditions ne sont pas respectées, l’indemnisation peut être refusée ou réduite.
À lire Assurance camping car temporaire : la solution flexible pour vos voyages courts
Le vol avec les clés. Lorsque le voleur utilise les clés laissées sur le véhicule, ou dans un endroit facilement accessible, de nombreux contrats ne jouent pas. Le développement des démarrages sans clé et des vols par relais de signal pousse aussi certains assureurs à préciser leurs exigences.
La franchise et la base d’indemnisation. En cas de vol, la voiture est généralement remboursée à sa valeur à dire d’expert, c’est-à-dire ce qu’elle valait le jour du sinistre compte tenu de son âge et de son état, et non son prix d’achat. Une franchise reste souvent à votre charge. Les options « valeur à neuf » ou « valeur d’achat » existent, mais elles sont limitées dans le temps.
Les bons réflexes en cas de vol #
Si votre véhicule disparaît, la première démarche est le dépôt de plainte au commissariat ou à la gendarmerie : le récépissé sera exigé par l’assureur. Il faut ensuite déclarer le sinistre à votre compagnie dans le délai fixé par le contrat, qui est très court pour un vol. Mieux vaut le faire le jour même.
Gardez à portée de main la carte grise, les doubles des clés, les factures d’entretien et, le cas échéant, celles des équipements ajoutés. Ces pièces servent à l’expert pour estimer la valeur du véhicule. Si la voiture est retrouvée, prévenez immédiatement l’assureur : les conditions de restitution et d’indemnisation dépendent alors du moment où elle réapparaît et de son état.
Faut-il revoir sa formule ? #
Le recul des vols sur dix ans ne doit pas faire oublier que le risque reste élevé en France. Pour une voiture récente, financée à crédit ou en location avec option d’achat, se passer de garantie vol est rarement un bon calcul. Pour un véhicule ancien à faible valeur, une formule au tiers enrichie d’une garantie vol peut offrir un bon compromis entre prix et protection.
Dans tous les cas, la période de renouvellement est le bon moment pour comparer : le prix, bien sûr, mais surtout les exclusions et les conditions de protection imposées. C’est là que se joue, le jour d’un vol, la différence entre une indemnisation rapide et un refus.




