Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 traverse un automne agité. Rejeté par les députés fin octobre, le texte arrive au Sénat ce lundi 9 novembre dans sa version initiale. Derrière la bataille parlementaire, plusieurs mesures concernent directement le porte-monnaie des assurés : franchises médicales relevées, taxe reconduite sur les complémentaires santé et nouveaux transferts de charges vers les mutuelles. Voici ce qu’il faut retenir pour anticiper votre prochain avis d’échéance.
Plan de l'article
Un budget rejeté, mais des mesures déjà en vigueur #
Le 23 octobre 2026, l’Assemblée nationale a rejeté la partie « recettes » du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Conséquence mécanique : la partie « dépenses » n’a même pas été examinée. Comme le détaille Selectra dans son analyse du 31 octobre, le texte n’est pas abandonné pour autant : il repart au Sénat dans la version d’origine du gouvernement, avec une discussion générale prévue le 9 novembre et un vote solennel le 18 novembre.
Ce retour à la copie initiale a une conséquence souvent mal comprise : les amendements votés par les députés ont disparu du texte transmis. C’est le cas de la participation de 5 euros par consultation, mais aussi du plafonnement des prix des complémentaires santé selon l’âge, une mesure qui aurait protégé les seniors des hausses les plus fortes.
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Franchises médicales : le plafond est passé de 50 à 70 euros
Indépendamment du sort du PLFSS, une mesure s’applique déjà depuis le 1er octobre 2026, par la voie d’un décret publié le 11 septembre. Le plafond annuel des franchises médicales, prélevées sur les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires, est passé de 50 à 70 euros. Même mouvement pour les participations forfaitaires appliquées aux consultations et aux examens : leur plafond annuel grimpe aussi de 50 à 70 euros.
Au total, un assuré qui consomme beaucoup de soins peut désormais laisser jusqu’à 140 euros par an de sa poche au titre de ces deux dispositifs, contre 100 euros auparavant. Ces sommes ne sont, par construction, jamais remboursées par la mutuelle : elles visent justement à responsabiliser le patient. Les personnes qui se soignent peu ne verront en revanche aucune différence.
La taxe de 2,05 % sur les complémentaires reconduite #
Côté recettes, le gouvernement entend reconduire en 2027 la contribution exceptionnelle de 2,05 % payée par les organismes de complémentaire santé. Comme le rapporte MoneyVox, l’exécutif en attend 1,1 milliard d’euros. La différence avec 2026 est de taille : l’an dernier, cette taxe s’accompagnait d’une interdiction d’augmenter les cotisations. Rien de tel n’est prévu pour 2027.
Or les organismes complémentaires ont l’habitude de répercuter ce type de prélèvement sur leurs tarifs. L’exposé des motifs du projet de loi rappelle d’ailleurs le contexte : les cotisations de complémentaire santé ont augmenté de 6 % en 2023, puis de 8,2 % en 2024. Une taxe reconduite sans gel des tarifs laisse donc présager une nouvelle hausse sensible des cotisations l’an prochain.
Des transferts de charges vers les mutuelles
Le projet prévoit également 0,7 milliard d’euros d’économies pour l’Assurance maladie via des baisses de taux de remboursement et des transferts vers les complémentaires. Concrètement, ce que la Sécurité sociale rembourse en moins, c’est la mutuelle qui le prend en charge en plus — et qui le facture ensuite dans ses cotisations. Le gouvernement chiffre par ailleurs à 1,2 milliard d’euros l’effet attendu en 2027 des hausses de tickets modérateurs déjà décidées par voie réglementaire en 2026.
Point de vigilance : ces montants en milliards mesurent l’effet sur les comptes de la Sécurité sociale, pas la somme que chaque assuré paiera individuellement. Mais la direction est claire : une part croissante du financement des soins bascule vers les complémentaires, donc vers les ménages qui les paient.
Ce que les assurés peuvent faire dès maintenant #
Face à ces perspectives, la pire stratégie reste l’immobilisme. Les avis d’échéance arrivent traditionnellement dans les boîtes aux lettres entre novembre et décembre : c’est le moment de les lire en détail, ligne par ligne, et de comparer la hausse annoncée avec les garanties réellement utilisées dans l’année.
Trois réflexes simples permettent de limiter la facture. D’abord, vérifier l’adéquation du contrat à ses besoins réels : un contrat haut de gamme avec de fortes garanties en optique ou en dentaire ne se justifie pas si ces postes ne sont pas consommés. Ensuite, faire jouer la concurrence : depuis la résiliation infra-annuelle, il est possible de changer de complémentaire santé à tout moment après un an de contrat, sans frais ni pénalité. Enfin, pour les salariés, vérifier si le contrat collectif de l’entreprise ne couvre pas déjà l’essentiel, avant de cumuler avec une surcomplémentaire parfois superflue.
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Le calendrier parlementaire dira d’ici la mi-décembre quelle version du budget de la Sécu s’appliquera réellement. Mais entre les franchises déjà relevées, la taxe reconduite et les transferts programmés, une chose est acquise : en 2027, la santé coûtera plus cher aux assurés, et le contrat de complémentaire santé méritera plus que jamais un examen attentif.




