Depuis le vendredi 7 août 2026, tout conducteur de trottinette électrique qui circule à Paris ou en petite couronne doit porter un casque et un équipement rétro-réfléchissant, sous peine d’une amende de 135 € pour le casque et de 35 € pour le rétro-réfléchissant. Cette obligation découle d’arrêtés de la préfecture de police. Elle est locale : si vous roulez à Lyon, à Nantes ou à Bordeaux, elle ne vous concerne pas directement.
En bref #
- Qui est concerné : tous les conducteurs d’EDPM — trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards — quel que soit leur âge.
- Où : Paris et la petite couronne, soit les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94). Les vélos ne sont pas visés.
- Quand : à toute heure pour le casque, de jour comme de nuit pour l’équipement rétro-réfléchissant, y compris sur les pistes cyclables.
- Combien : 135 € et 35 €, deux amendes distinctes — et non une amende unique de 170 €.
Ce que change exactement l’arrêté du 7 août 2026 #
Jusqu’ici, un adulte pouvait rouler tête nue en trottinette électrique dans Paris sans commettre la moindre infraction. C’est précisément ce vide que la préfecture de police a comblé. Depuis le 7 août 2026, deux équipements deviennent obligatoires dans son ressort : le casque, correctement attaché, et un équipement rétro-réfléchissant — gilet, brassard ou chasuble.
Deux détails font toute la différence par rapport à la règle nationale. D’abord, le casque s’impose quel que soit l’âge du conducteur : il ne s’agit pas d’une mesure réservée aux mineurs. Ensuite, l’équipement rétro-réfléchissant est exigé de jour comme de nuit, alors que la règle nationale ne l’impose qu’à la nuit tombée ou par visibilité insuffisante. Rouler à 14 h en plein soleil sur une piste cyclable du 11e arrondissement sans gilet est donc désormais verbalisable.
Un périmètre à connaître : Paris et les trois départements limitrophes #
La préfecture de police n’a pas compétence sur toute la France, ni même sur toute l’Île-de-France. Son ressort couvre Paris et la petite couronne. Concrètement, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise ne sont pas couverts par cet arrêté — même si certains de ces départements ont pris, de leur côté, des mesures comparables.
Autrement dit, franchir le périphérique ne change pas seulement de commune : selon la direction prise, cela peut changer de régime juridique. Un trajet Paris — Boulogne-Billancourt (92) reste dans le périmètre. Un trajet Paris — Meaux (77) en sort, pour retomber sous l’arrêté propre à la Seine-et-Marne.
Ce qui est obligatoire, où, et pour quel montant #
| Obligation | Où elle s’applique | Depuis quand | Sanction |
|---|---|---|---|
| Casque, à toute heure et à tout âge | Paris + 92, 93, 94 | 7 août 2026 | 135 € |
| Équipement rétro-réfléchissant, jour et nuit | Paris + 92, 93, 94 | 7 août 2026 | 35 € |
| Casque hors agglomération | Toute la France | Décret EDPM de 2019 | Contravention |
| Rétro-réfléchissant la nuit ou par faible visibilité | Toute la France | Décret EDPM de 2019 | Contravention |
| Assurance responsabilité civile | Toute la France | Bien avant 2026 | Jusqu’à 3 750 € + confiscation |
135 € et 35 € : deux amendes distinctes, jamais 170 € #
Le point mérite d’être posé clairement, car plusieurs articles ont additionné les deux montants pour annoncer une sanction de 170 €. C’est inexact. Il s’agit de deux contraventions distinctes, relevant de deux manquements différents. Elles peuvent effectivement se cumuler si un conducteur est contrôlé sans casque et sans équipement rétro-réfléchissant, mais aucune amende forfaitaire de 170 € n’existe.
À titre de comparaison, les arrêtés pris par d’autres préfectures ne retiennent pas tous les mêmes montants : en Seine-et-Marne, applicable depuis le 3 juillet 2026, le défaut de casque comme celui de gilet relèvent d’une contravention de 2e classe, soit 35 €. Le montant dépend donc du fondement juridique retenu par chaque arrêté.
Pourquoi maintenant : les chiffres sont nationaux, pas parisiens #
La mesure s’appuie sur la dégradation de l’accidentalité des EDPM. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 79 usagers d’EDPM ont été tués en 2025, contre 45 en 2024 — soit 34 morts de plus en un an. Le nombre de blessés graves est estimé à environ 1 100, en hausse d’un tiers.
Ces chiffres sont nationaux et couvrent toute la France, pas la seule agglomération parisienne. C’est une nuance importante : l’arrêté parisien s’appuie sur un constat national pour justifier une mesure locale. À noter également que certaines reprises du bilan ONISR font état de 80 tués plutôt que 79, selon le degré de consolidation des données.
L’obligation d’assurance, elle, n’a rien de nouveau #
C’est la confusion la plus fréquente depuis le 7 août : non, l’arrêté n’a pas créé d’obligation d’assurance. Une trottinette électrique est un véhicule terrestre à moteur. À ce titre, elle doit être couverte par une assurance de responsabilité civile au titre de l’article L. 211-1 du code des assurances, et ce quelle que soit sa vitesse. Cette obligation est nationale et largement antérieure à 2026.
Circuler sans cette garantie expose à une amende pouvant atteindre 3 750 € et à la confiscation de l’engin. Beaucoup d’usagers l’ignorent, en pensant qu’une trottinette relève du même régime qu’un vélo classique. Ce n’est pas le cas. Si le sujet vous semble flou, notre article sur l’assurance responsabilité civile et ses garanties détaille ce que couvre réellement cette garantie.
Rappelons enfin les deux autres règles nationales structurantes : l’engin doit être bridé à 25 km/h et la conduite est interdite avant 14 ans, âge relevé par un décret de septembre 2023.
Rouler sans casque peut-il se retourner contre vous en cas d’accident ? #
C’est la question que se posent, à juste titre, les usagers assurés. La réponse demande de la prudence, car rien n’est automatique.
Premier point, souvent mal compris : votre responsabilité civile indemnise les dommages que vous causez à autrui. Elle ne couvre pas vos propres blessures. Pour cela, il faut une garantie corporelle du conducteur ou une garantie accident de la vie, souscrite séparément.
Second point, plus délicat : pour l’indemnisation de vos dommages corporels, la loi du 5 juillet 1985 prévoit que la faute du conducteur d’un véhicule terrestre à moteur peut limiter, voire exclure, son droit à indemnisation. Depuis que le casque est obligatoire dans le périmètre concerné, rouler tête nue y constitue une infraction — un élément qui pourrait être invoqué sur ce terrain. Mais l’appréciation reste au cas par cas : elle dépend du dossier, du lien entre l’absence de casque et les blessures constatées, et in fine de l’assureur puis du juge. Aucune règle générale ne permet d’affirmer qu’une indemnisation sera réduite, ni l’inverse.
La conclusion pratique est simple : le casque protège d’abord votre tête, et accessoirement votre dossier. Pour la partie corporelle, vérifiez ce que prévoit votre contrat — nos guides sur l’assurance accident de la vie et sur les conditions de la garantie accident de la vie donnent les points à contrôler.
Paris n’est pas un cas isolé #
La décision de la préfecture de police s’inscrit dans un mouvement plus large. Plusieurs préfectures ont pris en 2026 des arrêtés imposant casque et équipement rétro-réfléchissant aux usagers d’EDPM : les Alpes-Maritimes dès le 2 avril, la Seine-et-Marne le 3 juillet, mais aussi l’Yonne, la Somme, la Marne, le Vaucluse ou la Manche. Le périmètre parisien est le plus peuplé, il n’est pas le premier.
Pour l’usager, la conséquence est concrète : la règle applicable dépend désormais du département traversé. En cas de doute, le réflexe est de consulter le site des services de l’État du département concerné avant un déplacement.
Questions fréquentes #
Le casque est-il obligatoire en trottinette électrique partout en France ?
Non. L’obligation instaurée le 7 août 2026 est locale : elle vise Paris et les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Au niveau national, le casque reste obligatoire hors agglomération, mais il n’est pas imposé aux adultes en agglomération. Plusieurs préfectures ont toutefois pris des arrêtés comparables en 2026, dans les Alpes-Maritimes, la Seine-et-Marne, l’Yonne, la Somme ou la Manche.
Combien risque-t-on sans casque ni équipement rétro-réfléchissant à Paris ?
Le défaut de casque est sanctionné par une amende forfaitaire de 135 € et le défaut d’équipement rétro-réfléchissant par une amende de 35 €. Ce sont deux contraventions distinctes, qui peuvent se cumuler lors d’un même contrôle mais qui ne constituent pas une sanction unique de 170 €.
Mon assurance peut-elle réduire mon indemnisation si je roulais sans casque ?
Rien n’est automatique. La responsabilité civile indemnise les dommages causés aux tiers, pas vos propres blessures, qui relèvent d’une garantie corporelle du conducteur. Pour vos dommages corporels, la loi du 5 juillet 1985 permet que la faute du conducteur limite ou exclue son indemnisation. Depuis que le casque est obligatoire dans le périmètre concerné, rouler sans casque constitue une infraction qui pourrait être discutée sur ce terrain, mais l’appréciation dépend de chaque dossier et du lien entre le défaut de casque et les blessures.
À retenir #
- Depuis le 7 août 2026, casque et équipement rétro-réfléchissant sont obligatoires en EDPM à Paris et en petite couronne (92, 93, 94), à tout âge et à toute heure.
- Les sanctions sont 135 € et 35 € : deux amendes distinctes, cumulables, mais il n’existe pas d’amende de 170 €.
- Les 79 morts d’EDPM en 2025 (contre 45 en 2024) sont un chiffre national de l’ONISR, pas un bilan parisien.
- L’assurance responsabilité civile reste obligatoire partout en France (article L. 211-1) : ce n’est pas une nouveauté du 7 août, et elle ne couvre pas vos propres blessures.
Plan de l'article
- En bref
- Ce que change exactement l’arrêté du 7 août 2026
- Un périmètre à connaître : Paris et les trois départements limitrophes
- Ce qui est obligatoire, où, et pour quel montant
- 135 € et 35 € : deux amendes distinctes, jamais 170 €
- Pourquoi maintenant : les chiffres sont nationaux, pas parisiens
- L’obligation d’assurance, elle, n’a rien de nouveau
- Rouler sans casque peut-il se retourner contre vous en cas d’accident ?
- Paris n’est pas un cas isolé
- Questions fréquentes
- À retenir